Cet article est issu du "Guide du LBO, ce que tout dirigeant devrait savoir avant de rencontrer un fonds" écrit par Ronan Lebraut, fondateur du LBO Club et créateur du LBO Summit. Le LBO Club est né de la conviction qu'un dirigeant informé négocie d'égal à égal. Le LBO Summit porte cette conviction au-delà du cercle des membres. Le Guide la met aujourd'hui à la portée de chaque dirigeant.
Il a été écrit pour aider les dirigeants à : comprendre ce qui se joue vraiment autour de la table, avant d'y être assis ; anticiper les étapes, les pièges, les moments de vérité où tout peut basculer ; mieux négocier, avec les bons conseils et les bons réflexes.
Ce qu'est vraiment un LBO, et ce que ça change pour un dirigeant
Publié le : 19 juin 2026
Auteur : Ronan Lebraut, fondateur du LBO Club | LBO Summit
La mécanique est simple. Les implications, moins.
Un LBO, c'est l'acquisition d'une entreprise financée majoritairement par de la dette, remboursée par les flux de trésorerie générés par l'entreprise elle-même.
L'image : l'appartement rembourse lui-même son crédit grâce à ses loyers.
Avec ou sans fonds, deux logiques différentes
Le LBO "avec un sponsor"
Un fonds de private equity prend le contrôle (en général majoritaire) en apportant l'essentiel des fonds propres aux côtés du management. C'est le format le plus médiatisé. Le fonds devient votre actionnaire de référence, structure la gouvernance et pilote la sortie 4–7 ans plus tard. C'est l'objet principal de ce guide.
Le LBO "sponsorless"
Le management détient la majorité du capital, accompagné par des financiers minoritaires (mezzanine, flex equity, obligations). Vous gardez le contrôle, au prix d'un coût de financement plus élevé et d'un risque accru en cas de sous-performance — la mezzanine reste due quoi qu'il arrive. Format en croissance en France auprès des dirigeants qui ont déjà connu plusieurs LBO.
Pourquoi faire un LBO : les 5 motivations principales
Comprendre la mécanique d'un LBO ne dit rien de sa raison d'être. Voici les cinq motivations qui amènent un dirigeant ou un actionnaire à choisir ce format de financement plutôt qu'un autre. Chaque motivation appelle une structure différente — il est essentiel d'identifier la vôtre avant d'engager la moindre démarche.
La transmission
Passer la main tout en assurant la pérennité de l'entreprise. Trois cas typiques selon le repreneur : aux salariés (Rachat par les Salariés, ou MBO élargi à l'équipe dirigeante et parfois aux collaborateurs clés) ; aux enfants (FBO — Family Buy-Out, où le LBO finance le rachat des héritiers non-repreneurs ou la dette de soulte) ; à un repreneur externe (MBI — Management Buy-In, où un dirigeant extérieur reprend l'entreprise avec l'appui d'un fonds).
Le cash-out
Monétiser une partie du patrimoine du dirigeant tout en restant aux commandes. Cas typique : OBO (Owner Buy-Out) où le dirigeant vend une partie de ses titres à un fonds tout en conservant une participation significative et la direction opérationnelle. Format dominant en France pour les dirigeants-actionnaires qui souhaitent sécuriser une partie de leur patrimoine sans quitter l'entreprise.
La croissance accélérée
Financer un projet ambitieux que l'autofinancement ne permet pas seul. Cas typiques : levée de growth equity pour financer une internationalisation, un investissement industriel majeur, le recrutement d'une équipe commerciale offensive, ou une acquisition transformante hors de portée du cash flow courant.
Le ratchet
Racheter l'entreprise à son actionnaire financier (typiquement un fonds qui sort) ou à un groupe industriel — reprendre le contrôle capitalistique de ce que le dirigeant a construit. Cas typiques : LBO secondaire/tertiaire piloté par le management, carve-out d'une filiale par son équipe dirigeante.
La relution
Profiter d'un nouveau montage pour augmenter sa quote-part au capital. Cas typiques : LBO ternaire ou quaternaire où le management négocie une participation supérieure, refinancement structuré qui fait monter l'équipe dirigeante. Logique cumulative : chaque cycle accroît le poids économique du dirigeant.
Stratégies de création de valeur par la croissance externe
Le build-up
Stratégie d'acquisition ciblée post-LBO : le fonds finance le rachat de sociétés complémentaires pour renforcer la position de marché, élargir la gamme ou gagner des parts de marché. Chaque acquisition crée de la valeur supplémentaire et améliore le multiple à la sortie. Le dirigeant est au cœur de l'identification des cibles et de l'intégration.
La plateforme d'acquisitions (Roll-up)
Stratégie plus agressive : l'entreprise devient la plateforme sur laquelle un fonds consolide un secteur fragmenté, en agrégeant plusieurs acteurs. L'objectif est d'atteindre une taille critique qui justifie un multiple de sortie supérieur. Les rôles évoluent : de dirigeant à consolidateur de secteur.
La question fondamentale
Lequel de ces objectifs est le vôtre ? Votre réponse conditionne tout — le type de fonds, la structure, et ce que vous devez négocier en priorité.
Ce qu'il faut faire
Clarifier son objectif personnel AVANT tout contact avec un fonds.
Se former aux mécanismes de base avant d'entrer en process.
Préparer son entreprise 12 mois en amont.
Accepter le changement de gouvernance et l'intégrer dans son état d'esprit.
A éviter absolument
Entrer en process sans avoir défini ce que l'on veut vraiment.
Confondre valorisation élevée et bon deal — le fonds compte autant que le prix.
Attendre un retour aux multiples de 2021 — le marché a évolué structurellement.
Sous-estimer l'impact du LBO sur le quotidien du dirigeant.